Un dimanche à Davejean

Dé « chais » né

Il y a des ambiances qui ne
trompent pas. Quand on
pénètre dans l’ancienne
cave de Davejean, qui fut
rachetée part l’artiste
américain Bob Morse (en
médaillon ci-contre) on
débarque dans la « Twilight
Zone » en Hautes-
Corbières, déjà fertile en
histoires surnaturelles. Un
air de trompette bouchée,
ricoche dans l’enceinte de
cette cave, et c’est Miles
Davis qui nous fait du
gringue. Cet Américain
originaire de l’Iowa, la
cinquantaine, et
l’expérience d’une vie
d’artiste, aux idéaux
trempés de Beat
Generation, de musique et
d’arts sous toutes ces
formes. Sa base, solide,
c’est le dessin. Tous les
bons sont de fins
dessinateurs. La musique
aussi, trompettiste,
guitariste, harmoniciste et
chanteur. Plusieurs groupes
à son actif, juste pour le
pied, du free-jazz barré, du
deep blues du Mississippi
de l’électro. Comme ses
oeuvres qu’il expose dans
cet ancien temple du raisin
fermenté, Bob, transforme
le bois, le métal, le fer, le
bronze et la cave devient
théâtre sublime. Autour des
foudres en béton armé, qu’il
a percé au marteaupiqueur,
pour créer des
entrées arrondies et des
alcôves, abritant ses figures
monumentales sculptées
dans des bois nobles. Ellesmêmes,
en lévitation et
éclairées par un trou de
lumière, du haut de cuve,
forment un projecteur des
cieux. L’enceinte qui
entoure les chais, comme
un vaisseau de tempête
(photo ci-contre), est
surmontée par un balcon,
qu’il a découpé dans des
plaques de fer, dentelles de
lames de rasoir, qui donnent
à l’ensemble, un air de
théâtre baroque, avec en
contrebas, une scène qui
n’attend plus que les
intrépides. Installé depuis
plus de quatre ans, dans cet
endroit qu’il a racheté à la
mairie, ce solitaire
amoureux des grands
peintres classiques,
pluridisciplinaire, ancien
vadrouilleur, a fait de cette
cave, son oeuvre d’art
principale. Il l’a remodelé, à
son image, jouant sur les
ombres et la lumière diffuse,
chapelle de tous ses excès.
L’énorme sculpture en
métal, de sa mouche
(photo), a trôné, pendant un
an, au Muséum d’Histoire
naturelle de Paris, elle est
de retour à Davejean, grâce
à son créateur, Bob Morse,
Américain. Et Trump parle
encore d’ériger des murs.
Thierry Grillet
bobmorse-artist.com

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